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Jeudi 9 Septembre 2010

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Gabon: Quel Gabon voulons-nous ? Siméon Ekoga rompt le silence..


D’aucun se demande sans doute pourquoi depuis quelques mois, je n’ai fait aucune sortie politique voire aucune déclaration, j’ai plutôt adopté une attitude de sérénité devant toute l’agitation politique qu’a traversé le Gabon. J’ai du méditer sur ce qu’a dit Pindare : « Le silence est le plus haut degré de la sagesse… » et d’appliquer la pensée d’Erik Gustaf Geijer : « Ce qui se fait de grand se fait dans le silence. » C'est le résumé politique de Monsieur Siméon Ekoga, Président du RDPG (Rassemblement Démocratique du Peuple Gabonais) qui rompt le silence. Lecture...



Monsieur Siméon Ekoga
Monsieur Siméon Ekoga
En fait, c’est que la situation politique de notre pays était quelque peu bouleversée. Il y a d’abord eu le décès d’Edith Lucie Bongo Ondimba née Sassou Nguesso, épouse de notre président, le « doyen » Omar Bongo Ondimba qui lui-même a trouvé la mort quelques temps après cette dernière, des suites d’une longue et pénible maladie.

Par conséquent, nous avons dû traverser une transition politique conduite par Rose Francine Rogombé, la présidente du sénat qui avait assuré l’intérim du pouvoir, selon la constitution gabonaise. Subséquemment, des élections présidentielles ont été organisées, elles ont vu l’arrivée au pouvoir d’Ali Bongo Ondimba. Cette victoire contestée par une frange de la population, a été accompagnée par des heurts et soubresauts qui ont fait plusieurs morts.

Ayant aujourd’hui un demi-siècle d’âge, côtoyant le microcosme politique gabonais depuis une trentaine d’années maintenant, comme acteur et leader politique voire d’opinions – et vivant en exil volontaire à Paris en France, de façon continue depuis plus d’une vingtaine d’années - l’expérience m’a appris qu’au Gabon, en matière de politique, l’histoire se répète toujours, inéluctablement. C’est fort de cette sagesse que je me suis donné le temps de l’observation et de l’analyse : « la politique n’est pas une course de vitesse, mais une course de fond sans fin ». Or il se trouve que les mêmes causes produisant les mêmes effets, encore une fois, j’ai été bien inspiré car le temps me donne encore aujourd’hui raison.

Un petit rappel historique qui pourra nous aiguiller. En 1990, juste après la conférence nationale, l’opposition était composée de hauts dignitaires du parti au pouvoir qui avaient fait sécession. C’était le cas de : Pierre Claver Maganga Moussavou, Didjob Divungui Di Nding, Louis Gaston Mayila, Jean Pierre Lemboumba Lépandou, Jules Aristide Bourdes Ogouliguendé et bien d’autres barons du PDG. Mais cette opposition n’a été que de très courte durée. C’était une opposition de circonstance, une opposition dont la stratégie était de sortir de la « promiscuité » au sein du PDG pour mieux faire son retour de façon juteuse. C’est ce qui s’est passé, puisque cette pseudo-opposition avait vite fait de réintégrer la majorité présidentielle.

Aujourd’hui encore, comme cela se répète depuis une vingtaine d’années, nous assistons au même manège. Cela n’a échappé à personne que l’opposition « pillard, caviar et milliard » - qui n’est rien d’autre que le prolongement et la réviviscence du « système Bongo père » tant décrié par la majorité des gabonais - appelée malicieusement nouvelle coalition de l’opposition, et qui, comme un météorite, vient de faire son apparition sur la scène politique gabonaise, asphyxiant au passage la « véritable » opposition, est essentiellement composée de personnalités influentes, voire de premier plan, du précédent régime en dissidence avec le pouvoir actuel, incarné par le fils Bongo avec qui, ils se disputent un « héritage » politique .

Maintenant, la question essentielle qu’il nous faut alors nous poser est la suivante : « quel crédit accorder à cette nouvelle coalition qui se réclame de l’opposition ? Opposition ou pseudo-opposition ? » Telle est la vraie question. Ces gens ne font de la politique que pour exister, afin de retrouver privilèges, émoluments faramineux et avantages divers. En aucun cas ils ne seront la solution à quelque changement que ce soit au Gabon. D’ailleurs, certains parmi eux n’avaient pas hésité à traiter le régime d’Omar Bongo de dictatorial : « l’hôpital qui se moque de la charité… » . Le régime qu’ils tentent de décrier aujourd’hui a été monté de toutes pièces et consolidé par eux mêmes. Etrangement, quand ils sont au gouvernement, ils ne trouvent pas de solution pour améliorer les conditions de vie des gabonais, mais dès que vous les mettez dans l'opposition, tout d'un coup, comme par magie ou inspirés du saint esprit, ils ont des idées sur tout ce qu’il faut faire pour que le Gabon aille mieux.

Or avec les dernières élections présidentielles, ils se sont dévoilés comme étant des véritables nababs, des richissimes hommes d’affaires etc. D’où viennent tous ces milliards de francs CFA emmagasinés ? Ils étaient hier encore aux côtés d’Omar Bongo Ondimba, qu’ils désignent aujourd’hui comme étant un dictateur. Quel crédit accorder à ces hommes qui faisaient la fortune du pouvoir, la pluie et le beau temps au Gabon, et l’infortune des populations gabonaises ?

En effet, aujourd’hui encore, ce sont les populations gabonaises qui feront les frais de cette situation qui ressemble à un drame shakespearien. Elles pâtissent de ces situations, car elles se font toujours manipuler, en fait, elles ne sont prises que pour du bétail électoral.

Comment peut-on accorder du crédit à des gens qui ont fait la preuve de leur incompétence et de leur malhonneté ? Ces individus ont fait fortune sur le dos des gabonaises et des gabonais. Par leur faute, le peuple gabonais croupit encore dans une misère exécrable, les universités sont en perte de vitesse, les bourses des étudiants ne sont pas payées par la faute de leur gestion passée, le système de santé est en désuétude, le réseau routier est dans un piteux état, j’en passe et des meilleurs.

Cette opposition n’est, en réalité, qu’une opposition revancharde. Ce sont, tout simplement, des mécontents victimes de malentendus au sein du PDG, des amoureux du pouvoir qui en ont été écartés. Mais, toute fois, rien ne nous dit que demain cette même opposition ne ralliera pas le pouvoir, ne fera pas un retour au bercail.

Les bruits de couloir qui nous parviennent nous amènent à penser que ce que l’on a connu avec l’ancien régime vis-à-vis de l’opposition se reproduit avec le nouveau régime. On sait par exemple que Paul Mba Abessole qui a ouvertement soutenu la candidature d’André Mba Obame, a été reçu récemment par le président Ali Bongo Ondimba, et que Pierre Claver Maganga Moussavou, candidat malheureux à l’élection présidentielle contre Ali Bongo Ondimba a déclaré, il y a quelques temps, qu’ils appartenaient désormais à la mouvance présidentielle. Eux qui, hier encore, étaient dans une opposition acharnée et sans faille contre Ali, le fils d’Omar qui, disaient-ils, « avait hérité frauduleusement du pouvoir ». Didjob Divungui Di Nding, le vice président de la Républque de l’ère Bongo père, un funambule politique hors pair, est lui aussi sorti du bois. Après avoir transformé sa résidence « Mukab » en hôtel, l’équilibriste de Mouila a dû annoncer qu’il se mettait à la disposition du nouveau président gabonais. Avez-vous compris quelque chose ?

Mais faut-il considérer qu’Ali est la répétition de son père ? Disons d’abord qu’Ali porte le nom de son géniteur mais n’est pas le responsable de ce qui s’est passé durant le règne de celui-ci. Tout au moins, il n’en porte pas l’entière responsabilité. Ceux qui aujourd’hui se réclament de l’opposition en sont aussi comptables. Ces « opposants », des gens riches à milliards qui n’ont même pas fait de réalisations conséquentes dans leurs régions ou villages d’origine.

Ali Bongo a là maintenant l’occasion de faire la différence, d’accomplir la rupture avec l’ancien système, car, plus que jamais, il faut penser Gabon et véritablement penser Gabon. Il faut atténuer les souffrances des populations gabonaises, et ce ne sont pas les moyens qui manquent pour cela. Il appartient à Ali de prouver qu’il peut être cet espoir que le peuple gabonais attendait. Sans doute y a-t-il une amorce de quelque chose d’intéressant dans les décisions qui sont prises, des décisions et des engagements qui vont dans le bon sens. Mais sans actions bien concrètes encore. Si, par exemple, la journée continue est une décision intéressante, il faut reconnaître qu’elle n’est efficace que pour la fonction publique, et beaucoup moins pour bien des domaines du secteur privé. Il convient donc de rendre la loi plus malléable. Le projet de construction de 5000 logements par an est aussi une bonne chose. Nous attendons de voir.

Certes le président Ali Bongo est-il encore en état de grâce, mais l’histoire et le temps seront juges de son action à la tête du Gabon. Quant à nous, nous restons attentifs à ce qui se dit, se fait, et si la critique s’avère nécessaire, nous la ferons sans aucune réserve.

Bien entendu, notre opposition n’est pas une opposition uniquement de la critique. Ce n’est non plus une opposition pour faire de l’opposition. Notre concept idélogique et politique depuis 2003 ; « être une opposition réaliste et constructive ». Cela nous a valu bien des inimitiés, mais c’est notre leitmotiv. Notre opposition au régime de Libreville depuis des années, est une opposition qui veut construire, et qui veut aider à construire. A cet effet, nous n’hésiterons pas à nous mettre en ordre de marche, au service du Gabon, avec toutes les bonnes volontés qui n’ont d’autre ambition que de servir notre Pays le Gabon.
Au RDPG, nous voulons bien accéder aux responsabilités, mais pas à n’importe quel prix. Par conséquent, notre opposition est une opposition intelligente, ouverte et non fermée, car nous avons le dogmatisme en aversion. Notre opposition reste ouverte à toutes les propositions qui vont dans le sens de faire du Gabon un pays prospère où il fait bon vivre. Donc, nous sommes une opposition prête à apporter notre contribution au développement de notre cher Gabon, une opposition qui veut conseiller, sans arrière pensée conflictuelle.

Vive la prospérité du peuple gabonais, pour que vive la prospérité du Gabon.

Par Siméon J Francis EKOGA,
Président du RPG (Rassemblement Démocratique du Peuple Gabonais

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Dimanche 7 Mars 2010 - 22:07
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Politique




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